Conseil régional des Jeunes : Sébastien Bègue reçoit le prix Marie Bouffier

lundi 24 septembre 2012 par laurent

Ce mois de décembre a été marqué par le prix reçu par le Vice-président de la Commission Est, Sébastien Bègue. Le lycéen d’Amiral Bouvet a été récompensé pour l’ensemble de son parcours scolaire par les membres des Sciences des Lettres et des Arts de Marseille. Le prix Marie Bouffier est remis chaque année à un jeune, porteur d’un handicap. Sébastien Bégue a reçu sa distinction au Palais du Pharo au sein de la ville Phocéenne. Tourné vers les autres, le lycéen déclare vouloir davantage porter la parole des jeunes au sein de la Collectivité.

Que ressentez-vous après avoir reçu cette récompense ?

C’est un sentiment de joie, déjà de savoir qu’il s’agit d’un prix national. C’est aussi un honneur de se dire qu’il s’agit de mon premier prix national. J’espère bien que ce ne sera pas le dernier. Je me dis vraiment « waouh ! »

En quoi consiste ce prix ? Que récompense t-il précisément ?

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Le prix Marie Bouffier est un prix d’encouragement et de vertu qui a été créé en 1920 par l’Académie des sciences des Lettres et Beaux arts de Marseille. Il récompense une année sur deux, un élève non-voyant ou malvoyant. L ‘autre année, il est attribué à un élève malentendant ou non entendant. Le prix est donné aux élèves méritants. Le jury l’octroie à une personne qui a réussi un parcours scolaire honorable, voire exceptionnel. Dans ce parcours scolaire, pour que le lauréat soit méritant, il faut qu’il se soit battu au sens noble du terme contre les préjugés et tout ce qui aurait pu l’empêcher de réussir.

Qui vous a inscrit ?

Les élèves handicapés qui reçoivent ce prix sont généralement suivis par toutes sortes de centres qui sont regroupés dans l’IRSAM (Institut régional des sourds et des aveugles de Marseille). Cette association comporte plusieurs centres dans les régions et départements d’outre-mer. Les enfants suivis par ces centres voient leur dossier migrer vers l’IRSAM. Le prix Marie Bouffier récompense ces élèves là. En aucun cas on ne s’inscrit pour ce prix. Tous les élèves handicapés sont éligibles. C’est un suivi depuis les petites classes.

Contre quoi vous êtes-vous battu plus précisément ?

Mon handicap est à la fois voyant et non-voyant. C’est vraiment une situation très paradoxale. La plupart du temps je dois me battre contre le corps enseignant qui a des préjugés de base. Bien souvent pour lui, un handicapé n’est pas quelqu’un de compétent. Il apparaît comme inférieur aux autres. Du coup j’essaie de montrer aux professeurs que le fait que l’on ne puisse pas voir ou supporter la lumière, ou encore qu’on est besoin d’agrandissement, nous avons aussi des capacités intellectuelles aussi importantes ou conséquentes que les autres. Que ce soit le corps enseignant, l’administration, ou encore les élèves, je me bats pour leur montrer qu’ils ont quelqu’un de normal devant eux. Ce n’est pas un aveugle, ou un albinos … Ce n’est que moi, Sébastien.

Qu’avez-vous reçu exactement comme récompense ?

La cérémonie s’est déroulée le 16 novembre à Marseille, au Palais du Pharo dans la Salle Impératrice Eugénie. Elle a été créée sous Napoléon III. J’ai reçu cette distinction nationale ainsi qu’une bourse de 300 euros.

Quelle est désormais la prochaine étape pour vous après ce prix. Quels sont vos projets ?

Mon prochain grand défi est de réussir le concours de Mathématiques Général physiques chimie. Je compte aussi avoir mon bac tout en continuant à montrer à travers mes études que si un malvoyant est capable de réussir au concours général cela signifie que tous les handicapés malvoyants peuvent réussir.

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Comment comptez-vous porter la voix du CRJ au sein de votre établissement et plus généralement auprès des jeunes ?

Je considère que le plus grand pouvoir que nous possédons, nous les Hommes avec un grand H, ce sont les mots. Je considère donc que la parole est notre plus grand atout. Organiser des réunions au sein de mon établissement c’est bien mais je pense qu’il faut aussi s’appuyer sur un cheminement administratif. En étant Conseiller régional jeune, ce n’est pas moi qui parle, mais je me fais porte-parole des jeunes. Je considère que écouter les avis des membres de mon lycée c’est bien mais il ne faut pas oublier que dans le Conseil Régional des Jeunes, il y a le mot « jeunes ». Je vois qu’autour du lycée, il y a énormément de jeunes, d’associations ou de clubs. Beaucoup ne sont plus au lycée, à cause de difficultés familiales, de soucis financiers. J’essaye de récolter toutes leurs informations car ceux qui sont au lycée, ont des préoccupations de lycéens, alors que ces autres jeunes voient réellement ce que sont les difficultés de la vie.

Mon message à faire passer est vraiment simple. C’est ce que j’ai dit lors de mon discours à la remise de mon prix : Que ce soit les adultes, les jeunes, qu’ils aient des difficultés ou non, tout le monde doit regarder autour de soi. Ils doivent comprendre que même si les gens se taisent, ils ont toujours quelque chose à dire. Ils cherchent bien souvent à s’intégrer. Il faut les aider au maximum car nous sommes une collectivité, une société. En aucun cas nous ne devons laisser quelqu’un sur le côté. Il ne faut pas passer à côté de lui en disant "Non je ne te vois pas !". Au contraire, il faut s’asseoir et discuter avec lui. Je veux montrer au Monde qu’à deux on peut tout réaliser. On sera à deux, puis à trois, après nous serons une société. Et là vraiment on pourra dire que nous avons réussi. Ce n’est pas en récoltant des diplômes ou en ayant des prix que l’on peut se dire « j’ai réussi »...


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